if_by_r_kipling

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur, 
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;


Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Tu seras un homme, mon fils.

Voici mes chers lecteurs, le cadeau que je vous fais : quelques vers extraits d'un poème de Rudyard KIPLING composé en 1910 et traduit en français par André MAUROIS en 1918. Lisez-le, imprimez-le au besoin, cela pourra vous fortifier.

Je l'offre aussi à François et Pénélope FILLON pour les consoler des bassesses qu'ils ont endurées.